Une GMAO puissante, riche de plus de cent fonctionnalités, peut devenir un obstacle plutôt qu’un outil. Trop de champs, trop de boutons, trop d’écrans : le technicien qui doit saisir une intervention entre deux tâches se décourage, et l’outil finit contourné, mal renseigné, voire abandonné.
Le paradoxe est connu de toutes les équipes maintenance : plus un logiciel est complet, plus il risque d’être complexe. La réponse ne consiste pas à brider l’outil, mais à l’adapter. C’est tout l’enjeu de la personnalisation d’une GMAO : faire en sorte que chaque utilisateur ne voie que ce dont il a besoin, dans une interface pensée pour son métier. Lors d’un webinaire consacré au sujet, les équipes de JPee, producteur d’énergie 100% renouvelable, ont partagé leur méthode concrète. Nous la reprenons ici comme fil conducteur.
Table des matières
1. Qu’est-ce que la personnalisation d’une GMAO ?
2. Personnaliser par profil utilisateur : ne montrer que l’essentiel
3.Structurer l’interface par temporalité d’action
4. Le vrai défi du PM2I : ne rien perdre sur dix ans
5. Suivre son PM2I dans une GMAO : mémoire et pilotage
1. Qu’est-ce que la personnalisation d’une GMAO ?
Personnaliser une GMAO, ce n’est pas changer la couleur d’un logo. C’est adapter en profondeur le comportement du logiciel à l’organisation qui l’utilise : les écrans affichés, les champs visibles, les droits d’accès, les automatismes de saisie.
Il faut distinguer deux niveaux souvent confondus. Le paramétrage consiste à configurer l’outil à partir de ce qu’il propose nativement (activer un module, définir une périodicité de maintenance, créer un type d’équipement). La personnalisation va plus loin : elle modifie les écrans eux-mêmes, en crée de nouveaux, conditionne l’affichage d’un bouton à l’état d’avancement d’une tâche, ou automatise le remplissage d’un champ. Une GMAO réellement personnalisable permet aux équipes de façonner leur propre version de l’outil, sans dépendre systématiquement de l’éditeur pour la moindre évolution.
2. Personnaliser par profil utilisateur : ne montrer que l’essentiel
Le premier principe posé par JPee est simple : un technicien de terrain et un responsable de maintenance n’ont pas les mêmes besoins, donc ne doivent pas voir le même écran.
Prenons le cas d’un bon de travail. Pour le responsable, il porte des informations de pilotage : coûts, charge, priorités, planning. Pour le technicien qui exécute l’intervention, ces données sont du bruit. Ce dont il a besoin, c’est de savoir quoi faire, sur quel équipement, et de pouvoir rendre compte simplement une fois l’opération terminée. La comptabilité, elle, ne s’intéresse qu’aux données de coût et de facturation.
La personnalisation consiste alors à créer des vues différenciées : chaque profil accède à un écran épuré, débarrassé des champs qui ne le concernent pas. Le technicien ne voit pas les coûts, le comptable ne voit pas les détails techniques d’exécution. Cette segmentation par périmètre de vision des données repose sur une gestion fine des droits d’accès, cœur d’une GMAO personnalisable.
vue des modules « maintenance » et « achats et stocks »
de gauche à droite : standard / responsable maintenance JPee / technicien de terrain JPee
3. Structurer l’interface par temporalité d’action
Au-delà du profil, JPee a introduit une seconde logique de personnalisation, plus fine : structurer les écrans par temporalité d’action.
L’idée : plutôt que d’afficher en permanence tous les champs d’un bon de travail, on ne montre que ceux pertinents à l’étape en cours. Tant que l’intervention n’est pas lancée, seuls apparaissent les éléments de préparation. Une fois le travail démarré, les champs de suivi se dévoilent. À la clôture, les champs de compte rendu. Les boutons eux-mêmes sont conditionnés à l’avancement : on ne peut cliquer sur « clôturer » que si l’intervention est effectivement au stade de clôture.
Ce séquençage réduit la charge cognitive de l’utilisateur. Il ne se demande plus quel champ remplir : l’outil le guide, étape par étape. C’est un levier direct d’adoption, sujet que nous traitons en détail dans notre article dédié à l’adoption terrain d’une GMAO.
Apparition d’un bouton après la demande de planification du BT
Comment JPee a rendu sa GMAO réellement adoptée par ses équipes
Découvrez la démonstration complète dans le replay du webinaire.
Voir le replay4. Automatiser la saisie pour fiabiliser les données
Un champ mal rempli, c’est une donnée perdue. Un champ rempli automatiquement, c’est du temps gagné et une donnée fiable. L’automatisation est le prolongement naturel de la personnalisation.
JPee a mis en place plusieurs automatismes concrets. La numérotation des bons de travail se génère automatiquement selon une nomenclature définie, sans saisie manuelle ni risque de doublon. Certains champs se pré-remplissent seuls en fonction du contexte : le responsable associé à un équipement, la distance jusqu’au site, le type de maintenance. L’utilisateur n’a plus à ressaisir des informations que le système connaît déjà.
Cette logique repose sur un principe : chaque donnée déjà présente quelque part dans le système ne doit être saisie qu’une fois. Le reste se déduit. Moins de saisie, c’est moins d’erreurs, moins de temps perdu, et des techniciens qui adhèrent parce que l’outil travaille pour eux plutôt que l’inverse.
5. Aller plus loin avec l’API : connecter la GMAO à son écosystème
Le dernier étage de la personnalisation dépasse l’outil lui-même : c’est la capacité à faire dialoguer la GMAO avec les autres logiciels de l’entreprise.
JPee exploite l’API d’Altaïr pour créer des bons de travail en masse à partir d’un fichier Excel interne. Concrètement, plutôt que de saisir manuellement chaque bon de travail un par un, les équipes préparent leurs données dans un tableur, puis déclenchent, d’un clic, la création groupée des bons de travail correspondants dans la GMAO via l’API. La saisie répétitive disparaît, l’information est reportée fidèlement, et l’utilisateur garde la main sur le moment du déclenchement.
C’est déjà un gain considérable, mais ce n’est qu’une première marche. La même API ouvre la porte à des intégrations plus poussées encore. On peut imaginer, par exemple, connecter directement la GMAO à un système de supervision : lorsqu’un outil de télésurveillance détecte une anomalie sur un parc, il déclenche lui-même la création du bon de travail dans la GMAO, sans aucune intervention humaine. Le degré d’automatisation se règle selon les besoins et la maturité de chaque organisation, depuis l’import semi-automatique jusqu’au déclenchement entièrement automatisé.
C’est la différence entre une GMAO isolée et une GMAO intégrée à son système d’information. Une interface ouverte et une API permettent de connecter l’outil à un ERP, un CRM, une GED ou, comme chez JPee, à un système de supervision métier. La GMAO cesse d’être une île pour devenir un maillon de la chaîne de données.
Pour aller plus loin : Le webinaire de JPee
JP énergie environnement est un producteur indépendant d’énergie 100% renouvelable (éolien, solaire, stockage), créé en 2004 et devenu entreprise à mission. Avec des parcs répartis sur le territoire et plusieurs agences, l’entreprise avait besoin d’un outil capable de s’adapter à des profils très différents, du technicien de terrain au siège.
Dans ce webinaire, Inès Ben Messaoud (Ingénieure Chargée d’Exploitation) et Christelle Audren (Chargée de Mission Processus et Organisation) détaillent, démonstration à l’appui, comment elles ont personnalisé Altaïr : écrans par profil, structuration par temporalité d’action, automatisation de la saisie et usage de l’API. Un témoignage précieux parce qu’il ne reste pas théorique : chaque principe est illustré dans l’outil réel.
Si vous cherchez à rendre votre GMAO réellement adoptée par vos équipes, ce retour d’expérience vous donnera des pistes directement transposables.
FAQ
Qu'est-ce que la personnalisation d'une GMAO ?
La personnalisation d’une GMAO consiste à adapter le logiciel à l’organisation qui l’utilise : écrans affichés, champs visibles, droits d’accès et automatismes de saisie. Elle va plus loin que le simple paramétrage, car elle modifie les écrans eux-mêmes et peut en créer de nouveaux, pour que chaque utilisateur ne voie que ce dont il a besoin.
Quelle différence entre paramétrer et personnaliser une GMAO ?
Le paramétrage configure l’outil à partir de ce qu’il propose nativement (activer un module, définir une périodicité). La personnalisation modifie le comportement même du logiciel : créer des écrans sur mesure, conditionner l’affichage d’un bouton à l’avancement d’une tâche, ou automatiser le remplissage d’un champ.
Pourquoi personnaliser une GMAO par profil utilisateur ?
Parce qu’un technicien de terrain et un responsable de maintenance n’ont pas les mêmes besoins. Afficher à chacun un écran épuré, adapté à son métier, réduit les erreurs de saisie, fait gagner du temps et favorise l’adoption de l’outil par les équipes.
À quoi sert l'API d'une GMAO ?
L’API permet de connecter la GMAO aux autres logiciels de l’entreprise (ERP, CRM, outil métier, supervision). Elle autorise par exemple la création groupée de bons de travail à partir d’un fichier Excel en un clic, et peut aller jusqu’au déclenchement entièrement automatique depuis un système de supervision.
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